LES BESOINS DES ENFANTS

Besoins des enfants, besoin des parents… pas toujours les mêmes !

Les besoins : généralités

Dès l’Antiquité, les philosophes se sont penchés sur le sens de la vie, les valeurs, les besoins des hommes… Un besoin est défini comme :

Exigence née d’un sentiment de manque, de privation de quelque chose qui est nécessaire à la vie organique

Dictionnaire Larousse

Au XXe siècle, de nombreux auteurs ont cherché à établir une certaine universalité dans les besoins humains. De nombreuses classifications ont été faites, certaines opposant les « besoins primaires » aux « besoins secondaires » ou les besoins physiologiques aux besoins psychologiques. De nombreuses critiques sur une classification universelle des besoins existent (liées surtout aux caractéristiques personnelles de chaque individu et au contexte culturel et social dans lequel il vit). Néanmoins, des travaux ont encore une influence importante à l’heure actuelle.

Pour en citer 3 :

Abraham MASLOW

Psychologue humaniste américain (1916/1972) qui est notamment connu pour avoir classé les besoins fondamentaux en pyramide, du besoin élémentaire (à la base de la pyramide) au besoin plus secondaire (au sommet). Pour passer au niveau de besoin supérieur, il considère que les besoins du niveau inférieur doivent être comblés.

Ainsi, du plus important au moins important :

  1. besoins physiologiques (respirer, boire, manger…)
  2. besoin de sécurité (finances, santé, moralité…)
  3. besoin d’appartenance (amour, amitié, groupes…)
  4. besoin d’estime (estime de soi, respect, réussite…)
  5. besoin d’accomplissement (réalisation, créativité, épanouissement…)

Virginia HENDERSON

Infirmière et chercheuse américaine (1897/1996), elle a notamment élaboré une grille de 14 besoins humains pouvant être utilisée aussi bien lors des soins d’une personne malade ou en bonne santé :

  1. Respirer
  2. Boire et manger
  3. Eliminer
  4. Se mouvoir et maintenir une bonne posture
  5. Dormir, se reposer
  6. Se vêtir, se dévêtir
  7. Maintenir sa température corporelle dans la limite de la normale
  8. Etre propre
  9. Eviter les dangers
  10. Communiquer avec ses semblables
  11. Agir selon ses croyances et ses valeurs
  12. S’occuper en vue de se réaliser
  13. Se récréer
  14. Apprendre

William GLASSER

Psychiatre américain (1925/2013) qui considère que les comportements humains sont choisis. Il met ainsi en avant la nécessité d’autocontrôle, de responsabilité et d’équilibre. Cet équilibre se trouve en répondant de façon adéquate aux 5 besoins de base (aucune hiérarchie entre ces besoins) :

  1. La survie (c’est le seul besoin physiologique, qui inclut la sécurité physique)
  2. L’appartenance (nourrir des relations interpersonnelles satisfaisantes)
  3. Le pouvoir (lié au besoin de reconnaissance, montée en compétence, fierté…)
  4. Le plaisir
  5. La liberté (l’accès au choix, la possibilité de changer, de prendre des risques, le droit à l’erreur…)

👉 Peu important la classification retenue, l’intérêt de s’interroger sur les besoins fondamentaux, c’est de pouvoir mieux se connaître et comprendre les sources de tensions possibles : un déséquilibre étant lié à la non satisfaction d’un besoin.

La spécificité des besoins pendant l’enfance

Tout d’abord, il est important de partir du constat suivant : si les besoins ont une certaine universalité, les comportements adoptés pour satisfaire ces besoins sont propres à chaque personne.

Par exemple, si le besoin de communiquer avec les autres est universel (l’homme est un « animal social »), chacun va avoir son propre mode de communication (avec plus ou moins de proximité, plus ou moins d’affect, plus ou moins de langage corporel…). Cela s’explique par l’histoire personnelle, l’environnement, la personnalité, et tant d’autres choses qui font que chaque personne est unique.

Cette différence comportementale est encore plus marquante entre parents et enfants. La photographie en introduction de cet article en est un exemple flagrant : si le plaisir des parents va se traduire par un canapé en ordre, les enfants vont voir dans ce canapé un excellent terrain de jeu !

En effet, rappelons que le cerveau d’un enfant n’est pas encore mature. Les fonctions supérieures (telle que la prise de recul, le sens critique, la planification, l’attention…) sont en plein développement. Les dernières études tendent à établir que le cerveau termine son développement vers 25 ans. C’est dire que le fonctionnement d’un enfant diffère de celui de l’adulte… Ce qui paraît évident pour le parent ne l’est pas pour l’enfant, ce qui explique la répétition de la phrase « ON NE SAUTE PAS SUR LE CANAPEEEE !!! » 😲


Enfin, il faut garder en mémoire que les enfants ont des besoins identiques, dès leur naissance. Ces besoins sont différents des besoins des adultes et peuvent être détaillés ainsi :

  • besoin de protection (protection physique et psychologique)
  • besoin affectif et relationnel (importance de la figure d’attachement, de la construction d’un lien sécure, puis des interactions sociales avec enfants et adultes)
  • besoin d’expérimentation (observation, imitation, rôle essentiel du jeu)
  • besoin d’un cadre (des règles et des limites constantes, adaptées en fonction du développement de l’enfant, claires…)
  • besoin d’estime et de valorisation de soi (l’enfant va construire son estime de lui-même d’abord à travers les marques d’attention et les réactions que son entourage lui montrera. Cela passera par la responsabilisation progressive et adaptée de l’enfant)
  • besoin d’identité (s’affirmer dans sa singularité tout en arrivant à s’intégrer dans un groupe social)

🚨 Répondre de manière appropriée aux besoins fondamentaux d’un enfant lui permet de grandir dans les meilleures conditions.

J’ai conçu une fiche récapitulative des besoins spécifiques des enfants, sur la base de la théorie du choix de William Glasser, que j’ai la joie de vous partager, comme un des outils de compréhension des enfants :

L’intérêt de reconnaître les besoins des enfants

Les parents qui gardent en tête la liste des besoins de leur enfant sont plus à même de limiter les tensions et de comprendre les conflits.

👉 Par exemple : un parent qui a rendez-vous chez le médecin vers midi et qui sait qu’il y a souvent de l’attente, va pouvoir anticiper un petit encas pour l’enfant, car il sait que la faim peut entraîner une grande agitation de l’enfant. Une famille qui prévoit un repas au restaurant peut penser à prendre des coloriages et des livres pour les jeunes enfants, qui ont des difficultés à rester à table trop longtemps sans bouger. Un parent qui récupère son jeune enfant (moins de 4 ans) après sa journée de travail sait qu’il risque de subir des tensions à la maison si ce dernier n’a pas fait de sieste de toute la journée et devra s’armer de patience et de compréhension (besoin de dormir non satisfait).

En plus de savoir reconnaître ces besoins, le parent doit apprendre à les faire évoluer avec le temps, puisque le développement de l’enfant (petite enfance, enfance, adolescence) va entraîner une modification des besoins.

👉 Par exemple : un jeune enfant va avoir besoin de ressentir l’attachement de ses parents afin de développer une bonne sécurité intérieure. A l’inverse, un adolescent va avoir besoin de se séparer de ses parents en investissant d’autres relations (amicale, amoureuse) dans son processus d’autonomisation.

Enfin, la dernière difficulté pour le parent est d’arriver à distinguer le réel besoin non satisfait. En effet, l’enfant va, par manque de maturité, de vocabulaire, ou par débordement d’émotion, exprimer un besoin qui n’est pas forcément le véritable besoin en jeu : un enfant qui crie « JE TE DETESTE ! » à son parent ne veut pas s’en prendre à la personne mais signifier, d’une façon maladroite, qu’il a un besoin non satisfait. C’est la distinction à faire entre conflit de personnes / conflits de besoins. C’est au parent (le plus mature des deux !😉) de comprendre qu’il ne s’attaque pas à sa personne et d’être à l’écoute de son enfant afin de l’aider à mettre les mots sur sa difficulté. Ce n’est pas toujours possible (faute de temps, de patience, d’indices concluants…) et, dans ce cas, une présence empathique permet de limiter les tensions.

==> psssit… un câlin peut faire des miracles ! Je vous invite à écouter ce podcast de quelques minutes qui est extrait des chroniques « Ma vie de parent » de Gwenaëlle BOULET sur France Inter 👇 https://www.franceinter.fr/emissions/ma-vie-de-parent/ma-vie-de-parents-de-gwenaelle-boulet-du-mercredi-19-janvier-2022?fbclid=IwAR09hd8_8gBBT68dAB1-Y_i0mp_j8C_4A5_3ZYB-tQ8I0wdlN5fu5plmHuk


💡 En atelier de parentalité, j’aborde la question des besoins fondamentaux des enfants, car elle permet de soulever de nombreuses tensions du quotidien. En effet, si l’enfant dit à son parent « tu es nul/le » ou « je t’aime plus », qu’il claque la porte ou qu’il crie, il est facile de conclure « il me cherche » alors que, en réalité, il ne s’agit pas d’un conflit de personnes mais d’un conflit de besoins : c’est-à-dire qu’il ne cherche pas à s’opposer à son parent mais à répondre à un besoin !

Ainsi, il est préférable de :

  1. prendre un temps pour soi, ne pas s’énerver suite à une mauvaise parole d’un enfant (souffler, sortir si l’âge de l’enfant le permet, déléguer à un autre adulte si l’émotion est trop forte…)
  2. interroger avec empathie l’enfant pour arriver à trouver le besoin caché derrière sa tension (je propose des exercices pratiques en atelier)
  3. une fois que le besoin est identifié, que l’enfant n’est plus envahi par l’émotion, il est important de revenir sur le comportement inadéquat pour lui apprendre une façon adaptée de réagir, en fonction de son âge. Ainsi, il améliorera ses comportements futurs.

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Remarque : du fait de leur immaturité, les enfants ont encorne tendance à confondre besoin et désir. C’est ainsi qu’ils peuvent hurler « j’ai faim ! » en désignant des bonbons ! C’est au parent, avec patience, de lui apprendre la différence, en lui offrant un cadre clair et cohérent. Malheureusement, cela n’est pas magique et se fait dans la répétition 🙄

Garder en tête que le cerveau de son enfant n’est pas mature et qu’il apprend en nous observant peut nous aider à garder l’indulgence et la patience nécessaire 💗

En conclusion

Comprendre les besoins des enfants impacte le quotidien du parent. Il est important, au préalable, qu’il s’interroge sur ses propres besoins. Cela évite de reporter des frustrations sur sa relation avec l’enfant et de mettre en évidence les conflits de besoins qui peuvent exister.

Malheureusement, le choix qui doit être fait, en cas de conflit de besoins, n’est pas toujours simple ni satisfaisant. Par exemple, si l’enfant a un spectacle le même jour qu’un important rendez-vous professionnel, 2 besoins fondamentaux entrent en conflit…

Cependant, choisir, c’est ne pas subir et c’est déjà le premier pas vers une parentalité à son image

Enfin et surtout, face aux contraintes de la vie, l’essentiel est de maintenir une communication honnête et empathique, afin que la relation parent / enfant n’en pâtisse pas !

2 Commentaires sur “LES BESOINS DES ENFANTS

  1. Vacheron says:

    Maintenant je suis Mémé et votre approche de la parentalité m’aurait bien aidée quand j’étais Maman d’enfants

    • Laurianne OLIVEIRA says:

      Bonjour,
      Je vous remercie pour votre commentaire. Je propose ces outils dans le cadre de mes services pour les parents, mais ils sont également utiles et transposables dans d’autres types de relation 😉
      Dans tous les cas, c’est la qualité de la relation à l’autre (enfant ou petit-enfant, ou conjoint, famille élargie, ami(e), collègue…) qui compte.
      Bien à vous,

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